ACCUEIL / DERNIERS ARTICLES / RÉATHLÉTISATION DE L’ÉPAULE : PROBLÈMES ACROMIO-CLAVICULAIRES

reathletisation luxation acromio-claviculaire

RÉATHLÉTISATION DE L’ÉPAULE :
PROBLÈMES ACROMIO-CLAVICULAIRES

MAJ JUILLET 2020

Article complet réservé aux abonnés

L’articulation acromio-claviculaire relie la clavicule au membre supérieur par l’intermédiaire de l’omoplate. Les ligaments qui la maintiennent en place sont susceptibles d’être endommagés lors d’une chute sur l’épaule. C’est notamment le cas dans les sports de contact, tels que le rugby, le hockey sur glace, le ski ou le judo, dont la prévalence représente près de 50 % des douleurs d’épaules. Le traumatisme entraine l’acromion vers le bas et vers l’avant, alors que la clavicule, elle, reste dans sa position anatomique. Ainsi, la capsule articulaire et les ligaments acromio et coraco-claviculaires sont étirés (stade 1), voire partiellement déchirés (stade 2 et 3). Les blessures plus graves impliquent une luxation complète et même un arrachement musculaire du deltoïde et du trapèze (stade 4 à 6), ce qui nécessitera une intervention chirurgicale précoce.

articulation gleno-humerale

© Bartleby.com

En musculation et en haltérophilie, les problèmes acromio-claviculaires sont causées par la répétition de microtraumatismes lors des entraînements intensifs du haut du corps. Au développé couché lourd par exemple, l’hyperextension des bras en bas du mouvement exerce de fortes contraintes sur l’articulation. Il peut en résulter avec le temps une inflammation articulaire et même, parfois, des microfractures osseuses de la partie externe de la clavicule. On parle alors d’ostéolyse. Mais ce sont les dips qui restent l’exercice le plus traumatisant. Le cross-over et les écartés à la machine sont eux aussi potentiellement à risque. Une étude médicale a rapporté que 55 des 56 patients examinés avec une douleur non traumatique s’entraînaient assidument à la salle de sport.

Développé couché

L’hyperextension des épaules en bas du développé couché ou des dips est particulièrement traumatisante pour l’articulation acromio-claviculaire, ainsi que pour l’avant de capsule articulaire et les ligaments de l’épaule.

Le traitement conservateur de cette pathologie liée aux sports de force est similaire à celui recommandé pour les petites luxations, à base de repos actif et de renforcement musculaire ciblé. Il faudra éviter de trop solliciter l’articulation pendant quelques semaines et modifier votre entraînement en conséquence :

  • Éliminez les dips !
  • Remplacez le front squat qui écrase douloureusement l’articulation.
  • Réintroduisez de façon progressive les mouvements de poussée : Pompe isométrique → Floor Press → Développé couché avec haltères → Développé couché.
  • Conservez les développés épaules qui sont généralement bien tolérés.
  • Limitez l’amplitude dans la phase concentrique au rowing et aux tirages à la poulie haute.
Cinq règle en cas de douleur acromio-claviculaire

5 règles en cas de douleur acromio-claviculaire © Fitness Studio.

PROGRAMME DE RÉATHLÉTISATION
DES DOULEURS D’ÉPAULES

PHASE 1 – DOULEUR ET INFLAMMATION
SEMAINES 1 À 2

Cette première phase consiste à réduire l’inflammation et la douleur, à prévenir la perte de force et de volume musculaires, et à maintenir la mobilité de l’épaule. Réalisez ce programme de réathétisation deux à trois fois par semaine. Il est primordial de ne pas exacerber les symptômes en début de réathlétisation.

    Cryothérapie – Application de glace pendant 10 à 15 minutes (plusieurs fois dans la journée)
    Routine de mobilité
  • Extension thoracique sur rouleau (précédée d’automassage du haut du dos) – 2 × 8 sec
  • Rotation thoracique à quatre pattes – 1 × 8 reps
  • Automassages des dorsaux – 2 × 30-40 sec
  • Automassge des pectoraux – 2 × 30-40 sec
  • Flexion avec bande élastique (limitée à 135 degrés) – 2 × 8 reps
    Renforcement spécifique – Semaine 1 (isométrique) : 2 × 2 répétitions de 10 à 15 secondes en marquant une pause de 15 secondes entre chaque répétition, et 1 à 2 minutes entre chaque série ; Semaine 2 : 2 × 10 répétitions
  • Rotation externe, allongé sur le côté, avec haltère
  • Rotation interne avec bande élastique
  • Pull Apart avec bande élastique
  • Élévation en « Y », sur banc incliné

Entraînement musculaire (2 à 3 fois par semaine)

Exercices Séries Reps Récup
Renforcement spécifique (ci-dessus) - - -
Pompe scapulaire (Semaine 2) 3 12 1-2 min
Rowing d’un bras avec haltère (Semaine 2) 3 12 1-2 min
    Cryothérapie – Application de glace pendant 10 à 15 minutes

Quand passer à l’étape suivante ?

Au bout d’une à deux semaines en règle génénale, lorsque le repos et les activités quotidiennes normales s’avèrent beaucoups moins douloureux. Tous les exercices de cette première phase doivent également être bien tolérés.

PHASE 2 – INTERMÉDIAIRE
SEMAINE 3 À 5

Les objectifs de cette deuxième phase sont de gagner en mobilité thoracique, d’accroître l’amplitude des épaules, d’améliorer l’équilibre et la force musculaires, ainsi que de reprendre une structure classique d’entraînement. Il faut impérativement conserver un renforcement spécifique des épaules, au moins deux fois par semaine, les jours de repos ou lors des séances pour les cuisses, afin de maximiser la stabilité articulaire.

ÉCHAUFFEMENT MINIMUM

Ajoutez à votre échauffement habituel la routine de mobilité et une série légère des exercices de renforcement spécifique, en prenant seulement quelques secondes de récupération entre chaque mouvement.

RENFORCEMENT SPÉCIFIQUE EN DEHORS DES SÉANCES

Exercices Séries Reps Récup
Circuit 2
Rotation externe, allongé sur le côté, avec haltère 12 25 sec
Rotation interne avec bande élastique, allongé au sol 12 25 sec
Pull Apart avec bande élastique  12 25 sec
Élévation en « Y », sur banc incliné 12 1-2 min

SÉANCE Nº1

Exercices Séries Réps Charge Récup
Rowing à la poulie basse, mains en prise neutre 3 10-12 60% 10RM* 1 min
Pompe en prise moyenne 3 10 - 1-2 min
Rowing d’un bras avec haltère 3 10-12 60% 10RM 1 min
Élévation latérale d’un bras, penché en avant, à la poulie basse 3 10-12 60% 10RM 1 min
Image article membre

Accédez à l’espace abonnés en illimité :

  • Comment évaluer les douleurs d’épaules ?
  • Spécificités pathologiques
  • Protocole de réathlétisation de l’épaule (8 semaines)

Déjà membre, cliquez ici pour accéder au tableau de bord.

Prochainement, abonnez-vous pour 9€99


Référence :
1. Curr Rev Musculoskelet Med. 2014 Mar; 7(1): 33–39. Acromioclavicular joint dislocations. Babhulkar A.
2. J Athl Train. 2000 Jul-Sep; 35(3): 261–267. Acromioclavicular Joint Injuries. Beim GM.
3. Orthopedics. 2017 Mar 1;40(2):119-124. Diagnosis and Management of Distal Clavicle Osteolysis. DeFroda SF.
4. Curr Rev Musculoskelet Med. 2016 Dec; 9(4): 368–377. Shoulder acromioclavicular joint reconstruction options and outcomes. Lee S.
5. Sports Med. 2012 Aug 1;42(8):681-96. Acromioclavicular joint separations grades I-III: a review of the literature and development of best practice guidelines. Reid D.
6. Joints. 2014 Apr-Jun; 2(2): 87–92. Acromioclavicular joint instability: anatomy, biomechanics and evaluation. Saccomanno MF.
7. Bull NYU Hosp Jt Dis. 2008;66(2):94-101 Distal clavicular osteolysis: a review of the literature. Schwarzkopf R.
8. Curr Rev Musculoskelet Med. 2013 Mar; 6(1): 71–78. Acromioclavicular joint separations. Warth RJ.
9. J Chiropr Med. 2011 Dec; 10(4): 261–271. Conservative management of a type III acromioclavicular separation : a case report and 10-year follow-up. Andrew J. Robba, and Scott Howittb.
10. Clin Sports Med. 2010 Apr;29(2):213-28. Rehabilitation of acromioclavicular joint separations : operative and nonoperative considerations. Cote MP1, Wojcik KE, Gomlinski G, Mazzocca AD.
11. Physical Medicine and Rehabilitation Board Review, Third Edition. Sara Cuccurullo MD.
12. The Athlete's Shoulder, 2nd Edition. James Andrews Kevin Wilk Michael Reinold.
13. Shoulder Rehabilitation: Non-Operative Treatment. Todd Ellenbecker.

prévention et réathlétisation des blessures

Programme de réathlétisation en ligne
à partir de 33€ par mois

  • Protocole de rééducation non opératoire et postopératoire de l’épaule, du coude, de la hanche, du genou, du pied et de la cheville.
  • Rééquilibrer les forces musculaires.
  • Retrouver de la mobilité et de l’amplitude de mouvement.
  • Améliorer la proprioception et la stabilité articulaire.
  • Limiter les risques de blessure à long terme.
En savoir plus